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RTM : une émission sur Izenzaren ou un hymne à Nass El Ghiwane


Enfin, la télévision marocaine a décidé de lever le boycott sur le groupe mythique Izenzaren. Après une immense carrière de plus 35 ans. Rendez-vous compte ! Mais il vaut mieux tard que jamais ! C’est l’émission " tillas " ( obscurités), pardon " tifawin " ( lumières) qui a eu l’insigne privilège de présenter pour la première ces Beatles amazighs. Je dis " tillas " à dessein bien évidemment. Car comme on s’y attendait ça a été un ratage complet, un vrai bide, une véritable connerie. Comme toujours d’ailleurs. Le reportage -si on peut cela cette chose immonde un reportage -, est une insulte à Izenzaren même et au-delà au peuple amazigh. D’ailleurs, il y en a eu plusieurs et nous allons vous parler de quelques-unes plus tard. Dans n’importe quelle école de journalisme, un tel travail de bricoleurs (et là nous sommes encore gentils) aurait certainement et automatiquement un gros " achefenj " ( zéro), comme dirait ma petite maman.
La première des insultes : dès le début du dit " reportage ", nous avons la nette impression que ce n’est plus Izenzaren dont il était question, mais plutôt Nass El Ghiwane. Oui, oui, à ce point. On parle tellement de ces derniers, en bien évidemment, que je me demande pourquoi évoquer Izenzaren. On nous sort même, et c’est vraiment le toupet, des images de je ne sais quel quartier de Casablanca. Comme si ce groupe mythique n’est plus du Souss, mais quelque part dans le Chaouia. Reste que l’idée maîtresse dans cet amas d’images sans queue ni tête est ainsi : Izenzaren ne sont qu’une pâle imitation de Nass El Ghiwane. Rien que cela ! Il s’en fallait de peu pour affirmer que sans eux il n’y aurait même plus d’êtres humains dans le Souss et, pendant qu’on y est, même sur terre. Remarquez, on n’en était vraiment pas loin. Tellement on a loué sans mesure ce groupe et sa musique. Décidément… Mais à titre personnel, et n’en déplaise à certains, comment écouter Nass El Ghiwane après avoir écouté Izenzaren ? Il n’y pas photo, ces derniers sont de loin les meilleurs. Car uniques, incroyablement doués, terriblement talentueux.
La deuxième : ce sont les deux péquenots locaux qui n’arrêtaient pas de monopoliser la parole avec leur arabe pré-islamique et leur accent d’Idaw Addi. Et ce pour raconter des énormités plus grosses qu’eux-mêmes. De parfaites têtes à claques. Franchement, en quoi Izenzaren sont des soufis ? Pendant qu’on y est, comparons Iggout avec Abdeslam Yassine et Aziz Chamkh à Moulay " je ne sais plus quoi " El Mchichi. Soyons pour une fois objectifs, en quoi Izenzaren peuvent être comparés à Nass El Ghiwan ? Ils diffèrent sur tout, ils n’ont absolument rien de commun : ni la langue, ni les paroles, ni les thèmes abordés, ni même les rythmes employés… En quoi Iggout, un multi-instrumentiste génial, un génie de la musique et une voix hors pair, peut être comparé à Larbi Batma, qui n’est qu’un simple percussionniste avec une voix qui n’a rien d’extraordinaire ? Mais c’est vraiment ahurissant de dire de telles débilités et de les soutenir. Fièrement. Avec arrogance. Sans avoir froid aux yeux. C’est ce que malheureusement nos deux bavards, et tous ceux dans leur sillage, ont fait avec une jouissance plus que visible. Quant à la présentatrice, elle était très heureuse, elle était aux anges. Totalement. Entièrement. Car elle a eu la confirmation de ces petits a priori et ces préjugés d’un autre âge : si ce n’était pas leurs maîtres arabes, les Amazighs ne seront que des sous-hommes, des sauvages et des barbares incapables de parler et à plus forte raison chanter.

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